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Cap sur les résultats

Par Susan Smith | 26 mars 2015
Cap sur les résultats
Myka Osinchuk

Le défi

Quand Myka Osinchuk en est devenue directrice générale en 2011, l’Alberta Cancer Foundation (ACF) était déjà l’organisme philanthropique albertain qui investissait le plus dans la recherche sur le cancer.

En 2010-2011, l’ACF a injecté plus de 25 millions de dollars dans la recherche, l’amélioration des soins, la prévention et le dépistage. Mais dans l’esprit de Mme Osinchuk, la fondation provinciale – qui a des bureaux à Edmonton et à Calgary – pouvait faire plus encore, avec ses fonds, dans la lutte contre le cancer.

À l’avant-garde d’un mouvement qui balaie aujourd’hui tout le secteur des organismes sans but lucratif comptant sur des dons, elle imaginait une organisation dont les décisions de financement seraient fondées non seulement sur des critères scientifiques ou théoriques, mais aussi sur les retombées possibles pour les patients et le délai à prévoir pour obtenir des résultats. Le but : opérer un changement de culture. Transformer l’organisme de financement en une entité qui participe activement à la production de résultats en aidant les patients, les chercheurs, les cliniciens et tout le secteur à unir leurs efforts pour faire les choses autrement. 

« À l’ACF, nous parlons de RCI, de rendement du capital investi, ce qui n’est pas courant dans le milieu philanthropique », dit Mme Osinchuk, dont la fondation investira stratégiquement 120 millions de dollars, entre 2012 et 2017, dans la lutte contre le cancer en Alberta, « Mais RCI n’a pas le même sens chez nous que dans le secteur privé. Pour nous, cela veut dire résultat, effet produit, retombées. »

La stratégie 

La fondation s’est donné un cadre pour mesurer l’incidence de diverses initiatives et réévaluer celles-ci périodiquement. Elle se pose plusieurs questions. L’initiative pourrait-elle être profitable à un vaste pan de la population? Ou serait-elle transformatrice pour un petit nombre de personnes? Combien de vies seraient sauvées, combien d’argent serait économisé, si divers types de cancer étaient détectés plus tôt? Combien coûterait au système des soins de santé un investissement dans de nouvelles technologies de diagnostic? Quels types d’investissement trouvent un écho favorable chez les donateurs? Comment les risques, tels que la possibilité de ne pas obtenir de résultats, devraient-ils être définis et mesurés? 

Le cadre a été conçu pour évaluer des investissements individuels aussi bien que le portefeuille de la fondation dans son ensemble. La transformation de la culture a exigé un travail considérable de gestion du changement, à l’interne comme auprès des intervenants externes. « Les chercheurs étaient habitués aux demandes et aux approbations de subventions traditionnelles, raconte Theresa Radwell, vice-présidente, Investissements. Nous avons dû les encourager à voir, au-delà de leurs travaux, les effets directs pour les patients. » 

Les résultats

Les efforts de l’ACF portent déjà leurs fruits. Dans le domaine de la médecine personnalisée pour le traitement du cancer du sein, par exemple. Grâce à son processus de sélection, la fondation investit dans la recherche sur des biomarqueurs de la maladie en vue de comprendre quels traitements sont les plus efficaces pour les patientes présentant un marqueur en particulier. Les fonds permettent de passer des résultats de recherche à des essais cliniques avec des sujets, et de communiquer ensuite l’information aux oncologues pour toutes leurs patientes. 

« À la fin, nous savons mieux qui profitera d’un type de traitement en particulier, explique Mme Radwell. Nous pouvons donc proposer un traitement donné à des patients qui en bénéficieront véritablement et en proposer un autre, mieux adapté, à d’autres patients, et ainsi éviter des thérapies inutiles et améliorer la qualité de vie. » 

Les donateurs – qui ont pour la plupart une motivation personnelle ou familiale d’investir dans la recherche et les soins et sont impatients d’en voir des résultats – accueillent positivement la nouvelle approche, qui leur donne une plus grande assurance que leur don sera investi et géré de manière proactive, avec des retombées concrètes pour les Albertains.

L’avenir 

Mmes Osinchuk et Radwell croient que la collaboration de l’ACF avec des chercheurs, des cliniciens et des patients l’aidera à choisir plus judicieusement ses projets d’investissement. Le cadre dont la fondation s’est dotée pour évaluer si un programme progresse vers ses objectifs lui permet d’ajuster le tir au besoin et de décider quels projets elle souhaite continuer de financer. 

« Nous pouvons montrer aux donateurs les progrès accomplis, les échéanciers et les retombées spécifiques des investissements que nous faisons. Il en résulte un niveau beaucoup plus élevé de responsabilisation et une gestion plus transparente des fonds », conclut Mme Osinchuk, qui espère que cette responsabilisation accrue se traduira par un afflux additionnel de fonds pour la recherche, les Albertains voyant la valeur qui découle de leurs dons.

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