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La force du nombre

25 août 2016

Grâce à l’émergence de technologies améliorées, les entrepreneurs disposent aujourd’hui d’un nombre plus élevé que jamais de formules de financement pour monter leur affaire. On pense immédiatement aux sociétés de technologies financières – les fintechs – qui proposent des plateformes mobiles et Internet en train de révolutionner les modes d’épargne, d’investissement et de levée de capitaux, ainsi qu’à la popularité croissante du « sociofinancement , au titre duquel des entreprises naissantes peuvent réunir auprès d’une collectivité élargie, le plus souvent en ligne et par petites sommes, les fonds nécessaires à leur démarrage.

Il existe deux grand types de sociofinancement, à savoir les plateformes de financement participatif sous forme de dons de type Kickstarter, qui permettent aux utilisateurs de contribuer au lancement d’un produit ou à son financement, et le financement participatif en capital, où les investisseurs entrent au capital de l’entreprise et, idéalement, participent à ses bénéfices. Le financement participatif en capital est en plein essor au Canada, du fait de la modification récente de la réglementation de certaines provinces au titre de laquelle des entreprises naissantes sont désormais autorisées à lever des fonds non seulement auprès de particuliers et d’investisseurs qualifiés, mais aussi et surtout auprès de petits investisseurs dits. En théorie, le financement participatif en capital devrait venir combler un manque criant de financement pour les entreprises en démarrage et jouer un rôle crucial dans l’encouragement de l’innovation au pays.

 Au Canada, il manque nettement d’investisseurs providentiels susceptibles de venir en aide aux entreprises qui ont besoin, pour leur démarrage, de l’apport de fonds qui leur permettrait de faire valoir leur concept et de le concrétiser », explique Sean Burke. M. Burke est chef de l’exploitation à FrontFundr, plateforme de sociofinancement en capital basée à Vancouver qui, ce printemps, a levé pas moins de 500 000 $ pour des entreprises, dont le site de dons de cadeaux en ligne Guusto Gifts Inc. et le réseau de paiement de loyers en ligne RentMoola Payment Solutions Inc. Le sociofinancement, dit-il, donne à des entreprises de petite envergure un moyen nouveau d’élargir leur bassin d’investisseurs potentiels. 

Le financement participatif en capital attire des investisseurs de toutes tailles Les jeunes entreprises en herbe ne sont pas les seules à recourir à cette source de sociofinancement émergente au Canada. « FrontFundr a ainsi mis au point une plateforme qui permet de mener une campagne de financement réunissant investisseurs providentiels et capital-risqueurs, explique M. Burke. On y retrouve côte à côte tant des particuliers – généralement de petits investisseurs – que des capital-risqueurs, qui, tous, sont sur un pied d’égalité vis-à-vis du placement. Ce faisant, les entreprises naissantes et les petits investisseurs sont confrontés à de plus gros joueurs, à même de faire progresser l’entreprise. J’estime que le financement participatif en capital a un potentiel considérable, dit M. Burke, non seulement pour l’entreprise en démarrage, mais aussi, par la suite, à mesure qu’elle gagne en maturité et s’ouvre sur un plus large bassin d’investisseurs ou de champions de ses marques. Comme quoi ce nouveau mode de financement est susceptible d’intéresser des entreprises de tous ordres. 

Une réglementation rigoureuse pour un sociofinancement réussi Avant que de nouvelles provinces canadiennes instaurent des règles à cet effet, le financement participatif en capital au stade du démarrage n’était ouvert qu’aux seuls parents et proches des fondateurs de startups ainsi qu’à des investisseurs qualifiés, comme des institutions financières ou des particuliers fortunés. La nouvelle réglementation donne maintenant la possibilité à de petits investisseurs d’entrer de plain-pied au capital de l’entreprise – à condition qu’ils respectent à la lettre les paramètres qui leur sont destinés, à eux et aux entreprises et plateformes comme FrontFundr.

Ainsi, au Québec, au Manitoba, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et en Ontario, une entreprise peut désormais recueillir jusqu’à 1,5 million de dollars par année. Dans chacune de ces provinces, le plafond d’apport a été fixé à 2 500 $ par placement pour les petits investisseurs. L’Ontario a, quant à elle, plafonné à 10 000 $ par an la somme de tous les apports au capital. En Colombie-Britannique, dont la réglementation diffère de celle de l’Ontario et d’autres provinces, une entreprise ne peut recueillir plus de 250 000 $ par émetteur deux fois par année, tandis que les investisseurs sont individuellement limités à 1 500 $ par campagne.

Les sites Web de sociofinancement doivent aussi s’inscrire auprès de la commission des valeurs mobilières de chacune des provinces où ils exercent des activités et se conformer aux obligations d’information financière. FrontFundr accueille volontiers cette surveillance étroite, qu’elle considère comme susceptible de donner encore plus de crédibilité à ce mode de sociofinancement. À vrai dire, ce qu’il y a de bien dans le financement participatif en capital, ajoute M. Burke, c’est justement qu’il est hautement réglementé. » Et même si la réglementation en est complexe, les autorités en valeurs mobilières souscrivent totalement à ce nouveau mode de financement. Les règles mises en place garantissent aux intervenants un système solide qui, d’une part, protège les investisseurs et, de l’autre, aide les jeunes entreprises à jeter des bases solides pour ensuite recueillir les fonds nécessaires à leur croissance, dit-il, M. Burke rappelle à cet égard l’existence, sur la plateforme de FrontFundr, de garanties et mécanismes de protection des investisseurs. À la différence d’un "portail de financement" tout court, explique-t-il, FrontFundr est un "portail de financement courtier inscrit". Nous vérifions préalablement chacune des entreprises enregistrées pour nous assurer qu’elle satisfait à nos critères – contrôles diligents que nous prenons très au sérieux. 

Ces contrôles n’épargnent pas non plus les investisseurs eux-mêmes, que FrontFundr soumet à une analyse d’adéquation, pour s’assurer que les placements qu’ils envisagent de faire cadrent bien avec leurs buts et objectifs. M. Burke ajoute : Il en va, à terme, de l’intérêt de ces investisseurs, parce que cela leur assure un portefeuille suffisamment diversifié, et qu’ils saisissent bien ainsi les risques et avantages que présente un placement dans une entreprise privée en phase de démarrage. 

 

 

 

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