Stay connected

Recevez les dernières analyses des entreprises canadiennes

Toggle

Derrière le banc

Par Lucas Aykroyd | 30 mars 2015
Derrière le banc
Mike Babcock

La pression des comptes à rendre à leurs actionnaires, tous les patrons la ressentent – mais imaginez ce que cela peut être quand un pays de 35,5 millions d’habitants enthousiastes se sent en cause dans votre échec ou votre réussite, en public. C’est ce que Mike Babcock a connu quand il a mené l’équipe canadienne masculine de hockey vers l’or en 2010 aux JO de Vancouver puis en 2014 à Sotchi.

Le bilan impressionnant de M. Babcock comprend un couronnement aux championnats du monde junior de l’International Ice Hockey Federation (IIHF) en 1997, un championnat du monde IIHF en 2004 et la coupe Stanley avec les Red Wings de Detroit, en 2008.

Entraîneur en chef aux plus longs états de service de la Ligue nationale de hockey, cet enfant de Saskatoon aujourd’hui âgé de 51 ans a expliqué la recette de son succès dans un livre paru en 2012 intitulé Leave No Doubt: A Credo for Chasing Your Dreams. Que ce soit sur la glace ou ailleurs, M. Babcock ne cesse jamais de chercher de nouvelles manières de s’améliorer.

Quelle est votre définition du leadership ?

Le leadership c’est servir de modèle et faire ce qu’il faut chaque jour. C’est diriger par l’exemple. Ce qui compte, ce n’est pas ce que vous dites, mais ce que vous faites. Les plus grands joueurs que j’ai vus ne s’en remettaient pas à leur talent, mais d’abord à leur travail. Ils se donnent corps et âme et ils le font avec application chaque jour. C’est ce qui en fait des meneurs. On est ce qu’on est et les gens qui vous entourent, qui travaillent avec vous, le voient. Ils savent exactement qui vous êtes. Vous ne pouvez pas les leurrer.

Comment Nicklas Lidström, le capitaine de votre équipe gagnante de la Coupe Stanley, incarnait-il le leadership ?

C’était sa façon de travailler, de sa manière d’enrouler méticuleusement le ruban adhésif autour de son bâton à celle dont il s’assurait que les entraîneurs n’avaient pas à faire des pieds et des mains pour lui. C’était la manière dont il s’entraînait en été et prenait du repos dans l’année. La manière dont il s’exerçait, assistait aux réunions, parlait à l’équipe sur le banc ou concluait un jeu avec dignité quand les choses allaient mal. Nick était un modèle de constance et d’excellence. C’était aussi un leader dans la manière de traiter sa famille, la collectivité et les partisans.

Comment faisiez-vous pour que les égos ne nuisent pas à vos équipes olympiques?

Pour moi, les meilleurs joueurs au monde ont l’esprit d’équipe. Le côté positif d’un gros égo c’est la confiance qu’il inspire pour donner de vous-même et l’assurance que cela vous apporte. Le côté négatif, c’est quand il faut que tout tourne autour de vous. C’est ce qui détruit les entreprises et les équipes, et les joueurs que j’ai dirigés aux Jeux olympiques n’étaient pas comme cela. Je leur ai clairement fait savoir que je crois en un processus à trois étapes. L’éthique du travail vient en premier, ensuite, la structure et enfin, le talent. Quand on s’organise et qu’on joue d’une certaine manière à laquelle tout le monde adhère, nous brillons collectivement.

Quelle est votre approche de la conduite des hommes ?

J’ai 23 joueurs différents, donc je trouve 23 façons différentes de faire. Je crois à la responsabilité, et parler franchement est essentiel pour réussir dans le monde des affaires, comme au hockey. Tous les joueurs que j’ai dirigés au fil des ans voulaient me faire plaisir. Si vous réussissez à leur dire ce que vous aimeriez qu’ils fassent, il y a plus de chances qu’ils le fassent effectivement. Ce que j’essaie de leur demander et de les amener à faire, c’est de tirer le maximum de leur talent. En même temps, j’essaie de montrer mon appréciation et de leur faire savoir que je me soucie d’eux et de leurs familles.

Pouvez-vous tirer des leçons d’autres industries ?

Je pense qu’il y a beaucoup à apprendre en dehors de notre secteur. Tout le monde pense que R-D veut dire recherche et développement; moi j’appelle cela ravir et déconstruire. On trouve une idée nouvelle chez quelqu’un, on s’en empare, on l’améliore et on se l’approprie. Évidemment, dans notre sport la science a fait d’énormes progrès chaque année. Il y a l’analytique et la vidéo. La capacité de réunir et de partager de l’information s’est tellement développée. Je ne sais pas vers quoi tout cela s’oriente, mais il faut être à la fine pointe des nouveautés.

Le contenu de ce champ restera confidentiel et ne sera pas accessible au public.
About PwC Canada Hide Footer