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Tout le monde sur le pont

Par Susan Smith | 31 mars 2015
Tout le monde sur le pont
Pamela Jeffrey and John Sanders

La pression monte sur les entreprises du Canada pour qu’elles rendent leurs conseils d’administration plus diversifiés et inclusifs. Le 31 décembre 2014, sept provinces et deux territoires ont adopté les nouvelles règles de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario obligeant les entreprises à divulguer le nombre de femmes siégeant à leurs conseils et occupant des postes de haute direction – et à expliquer comment elles soutiennent la diversité au sein des conseils.

Pamela Jeffery, fondatrice du Conseil canadien pour la diversité administrative basée à Toronto, et John Sanders, associé à Toronto du groupe Administrateurs de la société de recrutement de cadres Odgers Berndtson, ont récemment discuté de l’évolution du paysage avec Sandra Pupatello de PwC. Présidente du Conseil d’Hydro One Networks Inc., Sandra Pupatello a été députée de l’Ontario de 1995 à 2011.

Sandra : Plus que jamais depuis six, on entend parler de la question de la diversité des conseils d’administration. Pourquoi le sujet est-il devenu tellement d’actualité?

Pamela : Les gouvernements jouent maintenant un rôle plus actif. Le gouvernement fédéral en a fait un enjeu économique. En Ontario, le gouvernement provincial en a fait autant. Puis la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario est intervenue rapidement avec un projet incitant les entreprises à s’expliquer sur la place des femmes au sein de leurs conseils. 

Sandra : Mais les entreprises le font-elles par crainte du gendarme de la bourse ou parce que c’est vraiment bon pour leurs affaires?

John : Je pense que c’est simplement bon pour les affaires, et cela l’est depuis longtemps. Mais les entreprises essaient depuis des années de mesurer la corrélation entre les politiques de RH et la valeur pour les actionnaires, mais c’est difficile à réaliser. Sandra : C’est beaucoup plus facile à comprendre pour les entreprises qui travaillent au contact direct avec les consommateurs. Pamela : Vous avez raison, Sandra. Si vous travaillez au contact des clients, dans le commerce de détail, ou les finances ou les assurances, il est plus facile de comprendre pourquoi les perspectives du client doivent être représentées à votre conseil d’administration. Selon certaines études, les femmes prennent 80 pour cent des décisions d’achat ou du moins les influencent. C’est un facteur clé pour le conseil, mais il y a plus. Il est difficile de dire que la performance financière d’une entreprise s’améliore parce que son conseil est diversifié. Mais il est important de noter que celles qui ont un conseil diversifié affichent une meilleure performance financière, il existe donc une corrélation nette. Avec plus de diversité autour de la table on obtient aussi plus de perspectives et il y a de meilleures discussions. Or de meilleures discussions conduisent naturellement à de meilleures décisions.   John : Il n’y a aucun doute que la discussion est plus ferme et aborde des sujets qui seraient autrement restés sous silence quand la composition du conseil est diversifiée. La recherche sur la dynamique de groupe révèle que la tentation d’éviter les confrontations est beaucoup plus grande dans les groupes homogènes.  Pamela : Quatre-vingts pour cent des administrateurs sont cooptés par les conseils eux-mêmes et 20 pour cent seulement sont présentés par des maisons de recherche aux termes d’un processus plus rigoureux. Il y a beaucoup moins de chances que les femmes qui entrent aux conseils soient portées par une vieille confraternité masculine, et ces femmes ont tendance à être beaucoup plus indépendantes. Elles sont en mesure d’exposer des points de vue sans avoir à craindre de froisser la susceptibilité de vieilles connaissances. Ce qu’il faut autour de la table du conseil,  ce sont des esprits indépendants.  Sandra : Et la tendance veut que les administrateurs aient déjà occupé des poste de direction supérieurs, des gens qui ont occupé de hauts rangs. Comme on dit en politique, il faut élargir le bassin de candidats.   John : C’est une partie importante de la conversation. On peut avoir des conseils diversifiés, mais il faut vraiment se demander si cela va stimuler la participation des femmes au groupe de direction. Car c’est là que tout se joue. Le conseil a une fonction de surveillance, mais c’est à la direction, sous la houlette du conseil, qu’il appartient de produire des résultats économiques. Et si on pense que la participation des femmes peut produire de meilleures prises de décision, il faut que ce soit dans les fonctions de haute direction autant qu’au sein des conseils. D’ailleurs, par ricochet on élargit aussi le bassin de talents.  Sandra : Si vous aviez un conseil à donner aux entreprises, lequel serait-ce?  Pamela : Je leur dirais d’entreprendre un processus rigoureux pour repérer les lacunes dans leurs compétences, de trouver les meilleurs candidats dans tout le bassin pour les combler – et de s’assurer qu’il y ait des candidats sortant du schéma traditionnel. Il faudrait définir combien de candidats non traditionnels on va envisager de mobiliser pour essayer de contrer une tendance que nous avons tous, à savoir recruter des gens qui nous ressemblent. Pour échapper à ce travers, nous recommandons que les conseils prennent en considération au moins trois candidats issus de la diversité pour chaque siège du conseil à pourvoir.  John : Reconnaître que la composition du pays est diversifiée et qu’il y a de multiples parties prenantes, c’est simplement une question de bon sens en affaires. Pour la prochaine génération, on sent bien que les concepts tels que la diversité ne sont pas nouveaux ou étrangers, mais qu’ils font partie de la réalité du quotidien. Ce sont eux les clients de demain et nous avons maintenant l’occasion de veiller à ce que le ton au sommet de la hiérarchie et les messages de l’entreprise reflètent les valeurs de la génération actuelle et des générations à venir. Le résultat produira une organisation meilleure et des entreprises plus robustes pour l’avenir dans tous les secteurs. C’est reconnaître où nous en sommes et ce vers quoi nous nous dirigeons.  

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