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Partenaires privés

4 décembre 2015
Partenaires privés

Des petites et moyennes entreprises canadiennes à la recherche de financement pour croître font équipe avec des sociétés de capital-investissement comme SeaFort Capital de Halifax.

Pour Cooper Equipment Rentals Ltd., c’était la possibilité de voir plus grand.Cette entreprise familiale de services au secteur du bâtiment et des travaux publics dans la Région du grand Toronto a été fondée en 1972 par Gordon Cooper. Son chef de la direction, Darryl Cooper, le fils du fondateur, a racheté les actions de Gordon Cooper en 2003; six années plus tard, il a introduit dans le cercle Doug Dougherty, un vétéran du secteur du capital-investissement devenu président de l’entreprise et associé à parts égales, pour faire croître l’entreprise.

Comme le rappelle M. Dougherty, Cooper Equipment de Toronto voulait prendre de l’expansion, mais estimait que les « avances des actionnaires ou la location de matériel n’étaient pas la meilleure façon d’optimiser la structure du capital de la société ». La société a retenu les services d’une banque d’investissement pour l’aider à trouver un allié stratégique. Cette décision a débouché sur des pourparlers avec SeaFort Capital, société de capital-investissement de Halifax, qui a acquis la majorité des actions de Cooper au milieu de 2013. La société de location est maintenant en passe de tripler son chiffre d’affaires annuel, en partie grâce à deux acquisitions.

Cooper Equipment est une de ces PME canadiennes de plus en plus nombreuses qui s’allient à une société de capital-investissement pour profiter de ses ressources et de son savoir-faire. Pour des entrepreneurs qui tiennent à conserver une part de la propriété de la société qu’ils ont bâtie ou veulent s’en retirer, cela peut être une option viable.

« Il y avait deux propriétaires dans cette société qui avaient de l’énergie et des connaissances, dit Rob Normandeau, président de SeaFort, qui compte parmi ses investisseurs fondateurs, son conseil d’administration et ses actionnaires des membres des familles McCain et Sobey de la côte Atlantique du Canada. Ils savaient que le potentiel de croissance était là, mais avaient besoin d’un partenaire financier qui allait leur donner non seulement accès à des fonds, mais aussi du soutien, une orientation et des services spécialisés. C’est sur la base de ces besoins et de ces objectifs que nous nous sommes engagés. »

Le juste prix
L’an dernier, les sociétés de capital-investissement du pays ont injecté au total 41,2 milliards $ dans 296 transactions, selon la Canadian Venture Capital and Private Equity Association (CVCA). Près de 40 pour cent des opérations étaient évaluées à moins de 25 millions $, d’après PitchBook Data, Inc., une société de recherche de Seattle. Les transactions de 25 à 500 millions $ représentaient environ 48 pour cent. « La prolifération de petites entreprises familiales dans le pays offre de nombreuses possibilités aux sociétés de capital-investissement locales de réaliser des opérations dans la tranche inférieure à médiane du marché », écrit PitchBook dans son rapport intitulé Canada PE Breakdown pour le premier semestre de 2015.

À mesure que les baby-boomers chercheront à se départir de leurs entreprises, de plus en plus d’entrepreneurs se tourneront vers les sociétés de capital-investissement. Dans la partie canadienne du sondage 2014 Family Business Survey de PwC, 27 pour cent des répondants ont dit qu’ils prévoyaient de vendre à une autre entreprise, à des investisseurs effectuant un placement privé ou à l’équipe de direction.

« Un grand nombre d’entreprises de qualité, bien établies, vont changer de mains au cours des 10 ou 14 prochaines années, reconnaît M. Normandeau de SeaFort. Nous pensions que le prix serait juste, et les entreprises sont de bonne qualité. »

SeaFort et ses semblables sont des acheteurs avertis. « Ces fonds procèdent à de multiples vérifications avant d’engager leurs capitaux, et ils jouent un rôle actif dans la marche des sociétés dans lesquels ils investissent », dit Douglas Cumming, professeur en Finance et entrepreneuriat à la Schulich School of Business de l’Université York. Leurs conseils stratégiques et les réseaux qu’ils ouvrent aux entreprises sont cruciaux, ajoute-t-il.

« [Les sociétés de capital-investissement] améliorent considérablement les chances de succès d’une entreprise, dit-il. Il arrive souvent que l’appui d’un tel groupe augmente des activités comme la recherche et le développement, l’obtention de brevets, l’expansion et la création d’emplois. »

Pour Michael Woollatt, chef de la direction de CVCA de Toronto, qui compte 55 sociétés de capital-investissement comme membres, tout est une question de connaissances et d’expérience : « Les sociétés de capital-investissement apportent des fonds, des renseignements et un recul historique que la direction ne possède pas nécessairement ou, du moins, peuvent compléter ceux de la direction. »

Une plateforme pour croître
Lancée en 2012, SeaFort se spécialise dans ce qu’elle appelle les entreprises canadiennes de « l’ancienne économie », comme les fabricants et les fournisseurs d’équipements. La société cible des entreprises affichant un bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements (BAIIA) annuel de 4 à 10 millions $.

SeaFort, qui a conclu quatre grandes transactions, aime transformer ses acquisitions en plateformes sectorielles. Par exemple, en plus de Cooper Equipment, la société est propriétaire de A.W. Leil Cranes and Equipment de Dartmouth, le plus grand opérateur de grues de Nouvelle-Écosse ; elle fait grandir cette entreprise par des fusions avec des acteurs plus petits.

Rob Normandeau, avocat de formation qui était auparavant chef de la direction d’une maison d’investissement en entreprises de valeur de Halifax, Clarke Inc., explique que SeaFort apporte souvent un renfort dans des activités qui ne font pas partie du cœur de métier d’une société, mais sont vitales pour ses plans de croissance. Cela consiste notamment à donner un coup de main dans l’information financière et la gestion de trésorerie, ainsi qu’à établir des relations avec les banques. « Nous tombons souvent sur des PME qui n’ont pas de bons systèmes d’information, nous convenons donc avec elles d’indicateurs clés de performance et leur donnons une bonne plateforme de TI », dit M. Normandeau.

Gain en capital
Cooper Equipment était si bien gérée quand SeaFort est arrivée, que le mieux a été de fournir du capital et de rester à l’écart, se souvient M. Normandeau. SeaFort a aussi donné accès à ses ressources en technologie de l’information et financières et a apporté un soutien au conseil d’administration. À l’issue de la transaction de 2013, le chef de la direction Darryl Cooper et le président Doug Dougherty possédaient une participation minoritaire considérable dans Cooper Equipment. Tous deux siègent au conseil d’administration, mais les propriétaires de SeaFort et la direction détiennent la majorité.

Les résultats ne laissent pas indifférents. Entre 2012 et l’an dernier, le chiffre d’affaires annuel de Cooper Equipment a grimpé de 10,9 millions $ à 25 millions $; la société emploie maintenant 110 personnes, contre 45 avant la transaction. L’achat de deux autres sociétés de location a aidé à stimuler une croissance rapide, dit M. Dougherty. Cette année, Cooper Equipment s’attend à réaliser un chiffre d’affaires de 35 millions $.

SeaFort a un atout maître en poche pour gérer des entreprises familiales : le fait que la société soit soutenue par deux familles bien connues de la côte Est a plu à M. Cooper, dit Rob Normandeau. « Pouvoir faire référence aux antécédents et à la culture du groupe d’actionnaire est pour nous toujours un avantage stratégique. »

La côte Atlantique du Canada a un caractère qui lui est propre, mais comme Nikki Robar, leader des Transactions de PwC dans les Maritimes, ne tarde pas à le faire remarquer, les décisions d’investissement prises par les sociétés de capital-risque de la région et les familles fondatrices ne sont pas limitées à des initiatives locales. « Pour être tout à fait clair, ces investisseurs cherchent des opérations qui relèvent du bon sens en affaires et appliquent leur stratégie là où ils trouvent des occasions à saisir, dit-elle. S’ils en trouvent dans leur propre entourage, alors c’est simplement un plus pour les investisseurs et surtout pour la région. »
La concentration de SeaFort sur l’ancienne économie traduit peut-être la force des principes fondateurs, mais d’autres investisseurs de la côte Atlantique se tournent vers des industries plus nouvelles. « Voyez ce qui se passe au Nouveau-Brunswick, dit Jeff Dawson, vice-président du groupe de financement d’entreprises de l’Atlantique de PwC. Il y a eu deux très belles ventes dans le secteur technologique [Radian6 Technologies Inc. et Q1 Labs Inc.], ce qui permet de réinvestir une partie de cet argent dans l’économie régionale, notamment pour financer la prochaine vague de nouvelles entreprises technologiques dans la région Atlantique. Ceux qui ont réussi dans les affaires, ici, dans les provinces de l’Atlantique, en font souvent profiter d’autres dans la région. »

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