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Gagner au change

Par Brooke Valentine | 8 novembre 2015
Gagner au change
Brooke Valentine

La faiblesse du dollar canadien n’est qu’une des pièces du puzzle pour les entreprises américaines qui envisagent des acquisitions au nord de la frontière. M. Brooke Valentine de PwC Canada livre sa vision de la situation dans son ensemble.

Le déclin du dollar canadien au cours de la dernière année rend les entreprises canadiennes attrayantes aux yeux des acheteurs américains et cet état de fait est présent à l’esprit des propriétaires d’entreprises qui pensent à vendre autant qu’à celui des acheteurs potentiels à l’étranger. Même s’il est difficile de résister aux bonnes affaires liées aux taux de change actuels, les fusions et les acquisitions ne devraient pas reposer seulement sur des considérations liées aux échanges de devises. La valeur des monnaies peut être prise en considération lors des fusions et acquisitions, mais une entreprise qui déciderait d’une telle transaction sur la base du taux de change seulement ferait erreur. Mais, à l’heure actuelle, il est facile de se laisser tenter. Les entreprises canadiennes semblent attrayantes aux acheteurs potentiels, étant donné qu’au mois d’août dernier notre monnaie atteignait son plus bas niveau en 11 ans face au dollar américain. Le dollar canadien s’est quelque peu redressé depuis, mais elle demeure à la traîne en raison des bas prix du secteur énergétique et des attentes généralisées voulant que la Réserve fédérale américaine augmente les taux d’intérêt cet automne alors que la banque du Canada s’en abstiendra, ce qui aura pour effet d’élargir l’écart entre les deux monnaies.

Des vérités fondamentales

L’écart entre les devises est à prendre en compte pour ceux qui envisagent l’achat d’une entreprise canadienne, mais il est bon de mettre les choses en perspective.

Pour les responsables des fusions et acquisitions, les enjeux fondamentaux demeurent les mêmes : la qualité de l’entreprise ciblée, sa marque, son positionnement, sa propriété intellectuelle, sa clientèle, entre autres. Les acquéreurs auront également intérêt à analyser si la situation géographique de la société visée convient à leurs activités actuelles et s’il existe des synergies entre les deux. De toute évidence, les taux de change auront un effet sur l’évaluation financière : les entreprises canadiennes apparaissent bon marché aux yeux des acheteurs américains alors que les acquisitions potentielles américaines semblent chères, vues du côté nord de la frontière. Les acheteurs peuvent avoir à approfondir leur perspective en réalisant une analyse de sensibilité qui s’intéresserait aux effets des fluctuations des monnaies sur l’entreprise cible dans son ensemble.

Voilà qui peut sembler simple, mais qui est plutôt complexe. L’acquéreur doit s’intéresser à des acquisitions potentielles dont les systèmes d’information comptable et de gestion sont d’une grande fiabilité, car pour bien analyser les effets des fluctuations monétaires sur une entreprise, chaque enjeu doit être examiné individuellement.

Par exemple, une entreprise canadienne ayant une forte proportion de consommateurs américains parmi sa clientèle a peut-être vu ses revenus augmenter au cours de la dernière année avec la hausse de la valeur relative du dollar américain. Le défi consiste à déterminer dans quelle mesure cette augmentation est imputable, d’une part, aux fluctuations des taux de change et, d’autre part, à d’autres facteurs comme l’augmentation du volume des ventes, un changement de prix ou un nouveau portefeuille de produits. Analyser ces facteurs de manière isolée n’est pas facile, mais le jeu en vaut la chandelle.

Faites cet exercice autant du côté des coûts que du côté des revenus. Certains coûts sont-ils influencés par les taux de change? Un effet sur les coûts viendra-t-il atténuer l’effet sur les revenus? Ce n’est qu’en disséquant l’état des résultats de la société ciblée que l’acheteur potentiel peut savoir quel est son risque de change.

Du bon et du moins bon

Au cours de la dernière année, nous avons fait l’expérience des deux types d’effet que le taux de change peut avoir sur les entreprises canadiennes. Celles qui ont une clientèle importante aux États-Unis (formant 50 % ou plus de leurs ventes totales) prospèrent lorsque la valeur du dollar canadien baisse et la vigueur de l’économie américaine leur donne un élan supplémentaire.

En comparaison, les entreprises qui doivent faire des achats importants en devises américaines, mais dont la clientèle est majoritairement canadienne, se retrouvent en position difficile sauf si elles peuvent recourir à un mécanisme de couverture ou faire assumer les effets du taux de change par les consommateurs.

Les entreprises peuvent réduire le risque de change lié à une fusion ou à une acquisition. Une des stratégies consiste à recourir à du financement par emprunt en dollars américains. Ainsi, si le dollar américain prend de la valeur, le coût de l’acquisition s’en trouve augmenté, mais la valeur de la dette également. L’inverse sera également vrai si c’est la valeur du dollar canadien qui augmente.

Les sociétés peuvent aussi se tourner vers les contrats de change, mais ces instruments exigent beaucoup d’attention et d’expertise de gestion. Le fait de fixer le taux de change pour une période de six mois, par exemple, offre une protection. Toutefois, ce type de contrats comporte des risques et l’entreprise pourrait se retrouver avec la mauvaise part dans une telle transaction.

La clé de toute analyse concernant l’effet du taux de change sur une entreprise ciblée pour acquisition est de ne pas oublier de la faire revoir par un expert et de ne pas négliger les détails. Le genre de travail qu’il vaut mieux confier à un professionnel de confiance. Un contrôle diligent est primordial.

 

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